Elles sont la mémoire vivante
D'un destin que j'ignore encore,
Jusqu'au bout des doigts, elles hantent
De leurs sillons indélébiles, à tort
Ou à raison, tout ce pour quoi
Je vibre au fond de moi
Mes plus vaines espérances,
Mes plus noirs secrets
S'entremêlent en cadence
Sur la toile qu'elles y ont tissé.
Elles sont l'encre indélébile,
Diluée par les morsures du temps,
Dans les veines d'un avenir subtile,
Qui ne prédit ni ou, ni comment,
Ni même le pourquoi
De ce que la vie un jour sera.
Sensation étrange,
Magie silencieuse,
D'un merveilleux mélange
De lignes pourtant si précieuses.
Elles sont le sceau divin
D'une vie qui se dessine,
Sur la paume de ma main
Tantôt heureuse, tantôt chagrine.
A mêler les peut-être aux parfois,
A n'être souvent qu'un fil de soie
Reliant mes rêves à mes souvenirs,
Au détour d'un hasard, d'une providence,
Dont le souffle me fait grandir
Dans la dignité et l'espérance.